17/11/2017

Je veux devenir assistante maternelle.

Je vous ai déjà parlé des démarches pour devenir ass mat, en vous racontant mon parcours et mes différents entretiens sur le blog (lire le #ProjetAssMat), aujourd'hui, je vais vous parler de ce que je dirais à un(e) ami(e), qui souhaiterait exercer mon métier.

Il y a la façade extérieure, très belle et vraie. Je fais mon métier par passion, je veux l'exercer depuis toujours donc quand je parle de mon travail cela vient vraiment du fond du coeur. Je suis investie, sérieuse, motivée. J'adore ce que je fais, et je vous le partage avec plaisir.

Mais il y a la partie immergée. Être assistante maternelle ce n'est pas "cool" car on travaille depuis chez nous. Le nombre de fois où des "pseudos amis" m'ont sorti ça... "Tu as le temps pour ton ménage!", "Tu as le temps de faire tes papiers!"... C'est sûr qu'en ayant les enfants de 9h à 20h30 chez moi j'ai "beaucoup" de temps... Non mais sans blague, quand vous êtes parents, vous avez à peine le temps de faire pipi, vous prenez les ass mats pour des supers héroïnes capables de faire tout ça?
Le ménage, je le fais à 20h30. Je suis souvent éreintée de ma journée, mais je dois passer l'aspirateur, ranger, faire des lessives, une fois les enfants partis. Ça, c'est le petit ménage de la semaine. On en parle du dimanche à tout frotter plusieurs heures, plier le linge, cuisiner des bons petits plats, car la maison d'une assistante maternelle se doit d'être impeccable? En tant que parents, beaucoup s'autorisent un lâcher prise (et ils ont bien raison), sauf que la plupart des parents employeurs, attendent une maison propre pour leurs bambins. Et c'est bien normal que la maison soit propre quand on accueille des jeunes enfants. Alors bien sûr, ma maison est impeccable le lundi matin. Et est aussitôt en bazar le lundi midi. "Excusez le bazar les enfants se créent des souvenirs", une bien belle citation mais les enfants doivent aussi grandir dans un environnement rangé et sécurisé. "Tu as du temps pendant la sieste"... Que fais une ass mat pendant la sieste? Je mange à 14h quand ils dorment tous, si j'ai le temps je bois un café, et surtout je range les jouets qui traînent, je fais la vaisselle et je prépare le goûter. Ha oui, on a le temps de se la couler douce... ou pas! Pour en revenir à l'administratif, je m'autorise à regarder les papiers concernant le travail si par miracle ils dorment deux heures. Gérer les plannings, les changements de contrats, calculer les indemnités, prévenir la PMI des entrées et des sorties... Je me l'autorise car le vendredi soir jusqu'au lundi matin: je déconnecte. Alors oui effectivement j'ai du temps pour mes papiers... ce qui représente mon travail en fait... donc peut on parler de "temps" pour ça? Non. Être ass mat ce n'est donc pas avoir plein de temps pour soi à la maison. Pas quand on s'investit comme je le fais en tout cas.  Ça il faut bien le savoir avant de s'engager. C'est un travail prenant, votre temps libre se fait rare... 

Ajoutez à cela, votre maison investie. Votre entrée qui sera toujours sale à force des allers et retours, il y aura toujours des jouets partout, les affaires des enfants, du linge, des dessins, des photos... Si vous tenez à votre déco et à votre cocon, ne devenez pas ass mat. Accueillir les enfants c'est les garder dans un cadre familial. Ici ils font partie de ma vie la semaine. Alors je mets ma déco fragile, mes télécommandes, mon téléphone en hauteur. Je dis au chat de se planquer dans la chambre, car de 9h à 20h30, la maison leur appartient. Ici les enfants se sentent comme chez eux, et c'est que j'ai réussi ma mission de bien les accueillir. Ils peuvent aller dans toutes les pièces librement, exceptée ma chambre (qui d'ailleurs est actuellement squatter par PtitChat pour les siestes), et font comme chez eux, en sécurité, matérielle et affective. Je parle de l'envahissement normal des enfants, mais nous pouvons parler des parents. J'ai pour le moment beaucoup de chance, mais nombreuses sont les collègues qui doivent faire avec des parents qui se croient comme chez eux, ouvrir la porte sans frapper, se servir dans les placards et marcher partout avec leurs chaussures bien sûr...

Il faudra aussi que votre conjoint accepte votre métier. Ce qui est loin d'être facile. Pour tout vous dire, avant j'étais avec un homme qui avait déjà du mal à garder sa propre une fille une semaine sur deux, alors si j'avais été ass mat à cette période... Cela aurait été un énième sujet de tension. Actuellement, l'amoureux est super avec les enfants que je garde. Il est présenté aux parents car pour moi c'est très important pour l'enfant et sa famille. Il prend des nouvelles des enfants dans la journée, accepte que je lui parle de tout ce que je prévois avec eux, les câline et joue avec eux aussi quand il est là... D'ailleurs je pense que cela étonne les parents de le voir si présent, alors que nous n'avons nous même pas d'enfants, ni de neveux et de nièces. Et je sais que sur ce point j'ai beaucoup de chance, car ce ne sont pas toutes les ass mats qui ont leur conjoint qui accepte avec autant de facilité toutes les contraintes du métier. Là encore, si vous avez des enfants, il faudra jongler avec les vôtres et les enfants accueillis pour que tout le monde ai son équilibre. 

Parlons salaire... Être assistante maternelle c'est travailler beaucoup, plus de quarante voir cinquante heures par semaine pour espérer se tirer un salaire convenable. Si vous vous attendez à des horaires de bureau, ne devenez pas ass mat. Cela dépend des régions, des tarifs, mais je travaille de 9 à 20h30 pour un salaire correct. Et tout ça dans la précarité, car un contrat peut s'arrêter du jour au lendemain. Vous ne pouvez pas être certaine non plus d'être payé à temps, et si les parents ne vous donnent pas votre salaire, vous devez continuer à accueillir l'enfant car un refus de garde sera considéré comme une faute professionnelle, vous serez licencier. Que du bonheur hein?

Voici la partie cachée du beau métier de nounou... Alors si après tout ça, vous avez envie de continuer à être assistante maternelle, bravo, vous ferez cela pour la passion, l'amour, les enfants, et je serai ravie de vous accueillir par nous. Si vous êtes parents employeurs et que vous passez par là: chérissez votre nounou si votre enfant est heureux d'aller chez elle, car comme vous l'avez vu, c'est loin d'être un métier facile.

13/11/2017

Gâteau à la crème de marrons.

L'hiver est bien installé ici... Nous sortons de moins en moins avec les enfants, et aujourd'hui le temps était si terrible que nous sommes restés au chaud pour faire un bon gâteau à la crème de marrons. Voici la recette:


2 oeufs
100g de farine
100g de sucre
100g de beurre
1 sachet de levure
1 petite boîte de crème aux marrons
En option: deux bouchons de rhum

Dans un bol, mélangez la farine, la levure, et le sucre. Rajoutez les oeufs, le beurre fondu, la crème de marrons. Versez la préparation dans un moule fariné, faire cuire 40 minutes à 150°. Et voilà un gâteau parfait pour les goûters d'hiver des petits et grands frileux.

08/11/2017

30.

Bon bah voilà les gars, j'ai 30 ans. Et ça va j'ai survécu. La moitié des messages me traitait de vieille, je vous retiens. Le vrai truc qui m'a mis un coup de vieux, c'est les meilleures copines qui te rappellent les dizaines d'années d'amitié. Là ouais, tu te dis que le temps passe. Mais sinon 30 ans c'est plutôt cool comme âge!

A 20 ans,  je me voyais déjà en mère de famille, un peu une Lynette Scavo superwoman qui jonglerait entre tous ses marmots. Résultat: je jongle avec des marmots mais ce ne sont pas les miens. Dix ans plus tard, je suis heureuse de ne pas avoir la vie que j'espérais à 20. Ne pas être mariée, ne pas avoir d'enfants à 30 ans, c'est aussi réaliser à quel point l'on s'est épanouie personnellement. J'ai eu des histoires d'amour, des ruptures difficiles, j'ai goûté un temps à la famille recomposée, j'ai eu des amants, des amis, des amours, des emmerdes. J'ai vécu des moments difficiles, j'ai galéré financièrement en tant que femme seule qui tente de réussir professionnellement, mais je m'en suis sortie. Les hommes m'ont fait souffrir comme jamais mais je me suis relevée. Beaucoup plus forte, beaucoup plus déterminée dans ce que je souhaitais et ce que je ne voulais plus.

Et j'arrive à 30 ans sans mari ni enfants comme la moi de 20 ans l'espérait, mais avec une force incroyable pour toutes les années qui arrivent. Je sais que je m'en sortirais toujours, parce que la vie me l'a appris. Alors non je ne vais pas vous dire que j'ai changé d'avis, bien sûr que je veux un mari (enfin "un" mari, non, lui comme mari, oui), et des enfants à moi, à nous, mais moi qui avait fait un pacte avec mon meilleur ami "Si à 30 ans je n'ai pas d'enfants, on en fait un tous les deux" parce que j'avais une peur viscérale de finir seule, périmée, sans gosses, et bien à l'heure actuelle, je sais que devenir la femme de quelqu'un et avoir des enfants n'est pas du tout la seule manière de "réussir sa vie". 

A 30 ans, je me fous (enfin!) des pressions sociales, j'emmerde les soi disant potes qui te disent "Dépêches toi de faire un gosse tu te périmes!", et bordel que c'est cool de finir le travail et de se retrouver solo chez soi le soir à regarder des séries, avec le chat, et un plateau tv, seule avec toi même. L'emménagement à deux est prévu pour l'été 2018 mais je compte bien profiter des derniers instants de ma vie à vivre seule, parce qu'il est essentiel de se sentir bien avec soi même avant de vivre à deux, cela rend bien plus heureux. Je suis tellement heureuse de voir mes copines se marier et faire des bébés, mais ma vie actuelle je l'aime aussi. On ne peut pas arrêter le temps à 30 ans? Parce que ce serait trop cool d'avoir toujours cet âge là... 

A 30 ans, je fais aussi le métier que je rêvais de faire à 20 ans. D'ailleurs avec le recul, je pense que je n'aurai pas pu l'exercer à cet âge là. Mon parcours professionnel m'a permis d'acquérir beaucoup d'expériences, de me former, pour devenir assistante maternelle, et gagner cette année, ma vie très confortablement. Tout sera à recommencer l'année prochaine mais ce n'est pas grave, j'aime les aventures... 

A 30 ans, je sais qui sont mes véritables amis. Ceux et celles qui sont là depuis plus de dix ans, et sur qui j'ai pu compter sans relâche depuis mon adolescence. Et je ne doute pas de leur présence dans ma vie dans les décennies à venir.

A 20 ans, on cherche ce que l'on va devenir, et à 30 ans, on sait ce que l'on est et ce que l'on veut. 30 ans, c'est l'âge du bonheur et de l'équilibre parfait, cette prochaine décennie sera chouette.