28/02/2016

Il y a presque un an...

J'écris ici régulièrement depuis quelques mois. Mon blog, c'est un peu ma thérapie. Souvent du texte brut, des confidences, parce que même si j'écris beaucoup sur mon carnet, c'est vraiment aussi bon de partager ici, de crier un peu tout ce qu'on ressent au monde entier. Ce n'est pas pour chercher de la compassion, mais vraiment pour moi, pour évacuer tout ça, tout ce que je ressens.

Depuis presque un an, je me soigne, je guéris, j'oublie ou je tente d'oublier, j'avance. 

Il y a un an, j'étais malheureuse mais je commençais doucement à éclore. Il y a un an, j'ai repris contact avec mon premier amour, en cachette, pour parler de nos vies. Il y a dix ans, nous vivions une histoire d'amour d'ados. On avait toujours beaucoup parlé, et c'est ce qu'on a fait lorsque nous nous sommes retrouvés, en amis cette fois ci. A la question: Tu l'imaginais comme ça ta vie il y a dix ans? Je répondais non. Il y a dix ans, je pensais qu'à 27 ans, je serai déjà en couple, mariée, avec un projet de bébé. C'est pas comme ça que ça marche? Alors oui, j'étais en couple, je n'étais pas mariée car j'étais avec une personne qui l'avait déjà été et qui ne voulait pas se remarier, nous avions parlé bébé, mais même si j'avais très envie d'être maman, je savais tout au fond de moi que je ne voulais pas de lui comme père.  Et j'ai eu un déclic. Oui je suis malheureuse. Non je ne veux pas le rester toute ma vie ici avec lui. J'ai souffert comme jamais de prendre conscience de ça. J'inventais des heures supplémentaires au travail pour rentrer de plus en plus tard, je finissais à 18h mais je traînais cachée dehors jusqu'à 20h voir plus, souvent au téléphone avec mon ami, qui m'a soutenu,  qui m'a sauvé. Sans lui, je n'aurai jamais pris conscience de ma détresse, de mon désespoir, de ma douleur.

J'étais une toute autre personne il y a un an. Je ne vivais pas pour moi, je vivais pour lui, pour sa fille. Je ne comprends pas comment moi, qu'on a toujours considéré comme une fille avec du caractère, je me suis écrasée et oubliée à ce point. 

Il y a presque un an donc, je le quittais. Une première fois. Puis je suis revenue... Parce que j'avais envie d'y croire par amour, mais finalement non, ce n'était pas possible. J'ai eu un second déclic lors d'une dispute au sujet de sa fille. Je me suis imaginée mon enfant à la place de sa fille, et je me suis dit "mon dieu, je ne veux pas vivre ça, je ne peux pas faire ça". Et j'ai fuit, et je l'ai quitté définitivement cette fois. L'annoncer à ma belle fille a été le plus douloureux, car ma choupette est tombée dans mes bras de tristesse. Je n'oublierai jamais ce soir, où tous les trois assis sur le canapé, nous avons mis fin à notre famille recomposée. Je n'oublierai jamais les larmes de Lili dans mes bras, les miennes qui ruisselaient sur mes joues, les siennes sur dans mon cou. Cette dernière soirée à trois, avec un plateau télé, à manger les makis que j'avais passé 4h à faire. Les makis de la rupture, vous connaissez? Nous oui. Avec le recul, je me dis que passer 4h en cuisine à faire des makis et téléphoner à tous mes proches pour leur dire "je l'ai fait, je l'ai quitté", a été un moyen de passer à autre chose, une bulle de décompression après des semaines de pleurs en cachette, d'angoisses sur l'avenir, de peur de mettre un terme à tout ça.

Il s'est passé beaucoup de choses depuis. J'ai du vivre en colocation avec mon ex pendant quasiment un mois et ça a été très douloureux, car nous avions rompu sans évacuer toute la colère que nous avions l'un envers l'autre. Et ce qui devait arriver arriva, nous avons fini par craquer et se pourrir, se hurler dessus, par pleurer. J'ai fini par dire tout ce que je ressentais, à hurler ma douleur de ce que j'avais vécu, et bordel, même si j'ai eu la peur de ma vie en disant tout ce que j'avais toujours tu, qu'est ce que cela m'a fait du bien. Puis il est parti, deux jours après cette dispute qui a vraiment scellé la rupture, et doucement, j'ai repris vie.

J'ai eu une vie amoureuse tumultueuse par la suite. Je suis sortie, j'ai rencontré beaucoup d'hommes, j'ai profité, je me suis amusée. Parce que je m'étais oubliée trop longtemps, parce que mon bonheur, je n'y pensais pas, alors que son propre bonheur c'est essentiel pour vivre sereinement et pour s'ouvrir aux autres.

Alors pourquoi j'écris tout ça ici aujourd'hui, je ne sais pas. Enfin si, je sais, un mauvais rêve la nuit dernière qui a fait ressortir beaucoup de souffrance, comme pour me rappeler que non, je ne suis pas guérie, que le passé fait toujours mal. Mais on vit avec, on grandit avec. Si je n'avais pas ses blessures, je ne serai pas ce que je suis aujourd'hui.

Et aujourd'hui je suis quoi? Je suis une fille sereine, qui est fière d'avoir tout envoyé valser, de son parcours, de ses choix. Je suis la fille la plus comblée, la plus heureuse et la plus amoureuse du monde, le bonheur je l'ai, il porte un prénom, et c'est vraiment une bulle d'oxygène merveilleuse qui me fait prendre conscience que l'amour véritable, on sait quand on l'a trouvé, et je ne l'avais pas trouvé jusqu'à maintenant. J'ai pensé aimé, mais non. L'amour, le vrai, je sais à présent ce que c'est, et je pense que quand on le trouve vraiment, on sait, c'est une évidence, une fusion naturelle et inexplicable.

Il y a un an, je n'aurai jamais pensé être si heureuse. Et je peux vous dire que c'est bon de se sentir si heureuse et si vivante. Ne jamais s'oublier, penser à soi, à son bonheur. Si un homme ne vous respecte pas, s'il vous fait du mal, même si vous pensez l'aimer, partez. Vous trouverez celui qui vous rendra vraiment belle, heureuse et amoureuse, car lui le sera tout autant à vos côtés.

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